Outre le physique, la bonne santé psychologique des sapeurs-pompiers mérite elle aussi toutes les attentions. Le SDIS 23 organisait récemment une formation sur ce thème destinée aux infirmiers/ères sapeurs-pompiers.
Ça n’arrive pas tous les jours en Creuse, mais sur certaines interventions, les sapeurs-pompiers pourraient avoir besoin d’être accompagnés au niveau psychologique. Ce pourquoi, récemment, une formation avait lieu dans le centre d’incendie et secours de Guéret à destination des ISP, soit Infirmiers/ères Sapeurs-Pompiers. Nous avons pu en savoir plus avec la formatrice Valérie Verline, psychologue libérale et expert volontaire affectée au SDIS 42 (Loire).
Valérie, quel est l’objet de cette formation ?
Le but ici c’est de former des infirmiers/ères à prendre en charge leurs collègues sapeurs-pompiers en cas de blessures psychologiques suite à une intervention et de pouvoir finalement les aider à gérer au mieux la situation ou les orienter vers un psychologue pour les cas les plus délicats.
On imagine qu’une blessure psychologique n’est pas toujours évidente à avouer, les sapeurs-pompiers n’osent pas toujours demander de l’aide ?
La blessure psychologique, c’est comme une blessure physique, c’est à prendre en compte. Les sapeurs-pompiers prennent toujours grand soin de leur matériel, mais il faut aussi qu’ils prennent grand soin d’eux-mêmes. C’est vrai, la prise en charge est parfois difficile à faire accepter, il faut donc la faciliter, ça demande du temps.

Comment abordez-vous ce thème en formation ?
Nous travaillons sur un protocole d’intervention, une méthodologie qui permette à tout le monde de travailler de la même façon avec des outils communs. Les infirmiers/ères pourront aussi réaliser un triage psychologique autour de la question du traumatisme et de la gestion du deuil. On travaille sur l’individuel et sur le groupe, sur des cas pratiques, des exercices, sur comment on va gérer la crise, comment on va gérer les émotions, les réactions premières.
Et au final sur l’acceptation d’être pris en charge au niveau psychologique et comment on travaille avec eux sur la blessure psychique.
Ce style de formation, c’est nouveau ?
Non, non. Ça fait plus de 15 ans qu’on en fait. Entre les formations faites dans les SDIS, à l’ENSOSP (Ecole Nationale Supérieure des Officiers Sapeurs-Pompiers), beaucoup de personnes ont été formées en France.
Et en Creuse ?
Pour la Creuse, cette session compte 7 infirmières sur la première partie. Et il est prévu qu’il y ait 11 ou 12 personnes pour la seconde partie.
Cette formation dure combien de temps ?
On la fait sur 5 jours, mais c’est une formation qui normalement dure 4 jours pour la première partie et 3 jours pour la seconde.
Fabienne,
ISPV CIS Dontreix
« Lors de notre formation d’infirmière, on aborde la psychologie, mais après on s’oriente vers d’autres services et on n’a pas forcément l’occasion de mettre en application ce qu’on a appris. Chez les sapeurs-pompiers, nous sommes confrontées à des situations d’urgence, parfois dramatiques. Et dans ces moments, on ne sait pas toujours comment aborder l’émotionnel, notre entourage et tout ce qui gravite autour. »


