Sauver plus de blessés graves en les désincarcérant plus vite, c’est tout l’intérêt du BOA. Une douzaine de formateurs viennent de prendre en mains ce nouveau matériel pour former à leur tour les sapeurs-pompiers creusois.
Dans le cas d’un accident routier, les sapeurs-pompiers savent qu’ils ont une heure, la fameuse « golden hour », pour désincarcérer et remettre une victime en état d’urgence entre les mains des services hospitaliers et ainsi lui donner les meilleures chances de survie. C’est pour cette raison que le groupement formation du SDIS 23 conviait ce lundi 8 décembre une douzaine de formateurs en secours routiers et secourisme de Creuse à une journée de prise en main d’un nouveau dispositif dénommé BOA.
Pour l’occasion l’adjudant-chef Franck Messin, référent SSUAP et Secours Routier du SDIS de l’Indre, était tout spécialement venu faire part de son expérience et de son expertise sur ce matériel :
« J’ai monté une équipe départementale de secours routier en 2019 pour pouvoir concourir à différents challenges et faire évoluer la doctrine opérationnelle du BOA. On en a d’abord équipé les VSRL (Véhicules de Secours Routier Légers) puis l’ensemble des VSAV (Véhicule de Secours et d’Assistance à Victime) de l’Indre en 2025. » Ses enseignements sont précieux pour ses collègues de Creuse.

Créer un « tunnel » au lieu de découper la voiture
Commandant Didier Jouanny, formateur du SDIS 23 : « Aujourd’hui, on va de plus en plus vers le « cross ramming », soit chercher à remettre en forme le véhicule de façon à créer un tunnel pour sortir la victime le plus rapidement possible. » Et c’est là qu’intervient le BOA : sa forme de serpent le rend facile à manipuler et rapide à installer. Associé à un atèle cervico thoracique il permet d’évacuer une victime dans un espace confiné tout en maintenant bien en place ses vertèbres cervicales et dorsales.
L’association du BOA avec le « cross ramming » présente donc un intérêt évident selon Didier Jouanny : « Là où il faut parfois plus d’une heure pour découper un véhicule et sortir la victime, il nous faudra peut-être 10 minutes avec un BOA. »
Déjà en expérimentation dans les 4 centres mixtes de Creuse (qui comprennent des sapeurs-pompiers volontaires et professionnels : Guéret, La Souterraine, Aubusson et Bourganeuf), des kits de BOA seront positionnés prochainement dans les 11 véhicules de secours routiers répartis sur le département.

Tous les pompiers seront formés au BOA
Tester et comprendre comment utiliser au mieux le BOA pour transmettre ensuite ces connaissances était l’objectif de cette journée. Adjudante cheffe Céline Londeix, formatrice en secours routier : « On a réuni aujourd’hui les formateurs secours routiers et instructeurs de secourisme pour s’assurer que les méthodes que l’on va utiliser soient conformes aux préconisations des secouristes. Ensuite on va créer un document sur lequel s’appuyer pour les formations à venir. »
Tous les pompiers de Creuse seront ainsi formés à l’utilisation du BOA à partir de janvier 2026, car outre le secours routier ce dispositif pourra aussi être utile pour le relevage des personnes âgées par exemple et à terme équiper tous les VSAV (Véhicule de Secours et d’Assistance à Victime).
Le SDIS 23 remercie Franck Messin qui reviendra en 2026 dans le cadre d’une journée dédiée à la désincarcération avec la participation de SCORPE, fabricant français de matériel de secours.




