Odile Marie est responsable du service citoyenneté du SDIS23 mais aussi sapeur-pompier volontaire… et formatrice JSP ! Autant dire qu’elle vit sa passion presque 24/24h… même si rien ne la destinait à pareille aventure.
Il suffit parfois d’un évènement pour faire basculer une vie, ça arrive tous les jours, à n’importe qui, n’importe quand, n’importe où. C’est arrivé à Odile Marie. Elle se souvient : « Quand j’étais ado un jour j’ai eu besoin d’eux. Le fait de m’avoir prise en charge, l’échange, la considération, l’écoute, il y avait de l’humain, ça m’a beaucoup touchée, ils ont pris ma douleur, c’était très réconfortant, je ne m’attendais pas à ça. J’ai eu le déclic à ce moment très précis, je me suis dit que moi aussi j’aimerais être sapeur-pompier, être là pour les autres. »
Aujourd’hui, Odile Marie a 47 ans, deux grands enfants, elle est PATS (Personnel Administratif Technique et Spécialisé) et responsable du service Citoyenneté au Corps Départemental des sapeurs-pompiers de la Creuse, et parallèlement Sapeur-Pompier Volontaire depuis 30 ans au Centre de Secours de Bourganeuf… et formatrice de JSP ! Bref, elle mange, elle dort, elle vit pompier, « une drogue dure » témoigne-t-elle en éclatant de rire, même si rien n’était joué d’avance : « Jamais je n’aurais pensé devenir sapeur-pompier ! Personne dans la famille n’était pompier. S’il n’y avait eu cet incident dans ma jeunesse, sans doute jamais je n’aurais franchi le pas ».
Les pompiers, c’est ma 2ème famille, je mange pompier, je vis pompier, je dors pompier.
Difficile d’échapper aux clichés en effet des pompiers baraqués bravant les flammes tels de super-héros. Mais la réalité est autre, 85% des interventions des sapeurs-pompiers volontaires concernent le secours à personne et le témoignage d’Odile confirme : « Il y a les caricatures de pompiers, c’est vrai, mais ça ne se passe comme ça. Moi je ne suis pas « physique », je ne suis pas grande, pas sportive, et pourtant j’y suis arrivée même en étant mère de famille (rires) ! » Employée 15 ans dans une grande surface à Bourganeuf, Odile Marie s’est présentée deux fois au poste d’opérateur au Centre de Traitement des Appels (CTA), la deuxième fois a été la bonne. Peut-être est-ce même elle qui vous a répondu lorsque vous avez appelé le 18 ou le 112 durant les 17 années où elle a coiffé son casque téléphonique ? Avant qu’une envie de changement ne la propulse au groupement formation / développement du volontariat et citoyenneté le 1er janvier 2025.
L’envie de transmettre
Le contact avec les citoyens, jeunes, moins jeunes, anonymes, élus, associations, présenter les fonctions et missions du Corps Départemental des Sapeurs-Pompiers, former aux gestes qui sauvent, sensibiliser face aux risques induits par le changement climatique, elle embrasse cette nouvelle mission avec une énergie contagieuse : « J’ai toujours eu cette envie de transmettre, ça a commencé avec les adultes. Et puis, le président de la section des Jeunes Sapeurs-Pompiers (JSP) de Bourganeuf démissionnant, j’ai pris le relais il y a 5 ans. »

Depuis, pour Odile les journées s’enchaînent presque sans temps morts entre son activité salariée et le bénévolat, ça peut sembler beaucoup et pourtant : « Si je peux arriver avec mon travail, mes prestations, à transmettre aux jeunes ma passion, ma vocation, je me dis que c’est gagné. 99% ou 100% de réussite au brevet, un sourire ou même un retour positif des parents, c’est ma récompense, je n’ai pas besoin de plus. »
Devenus accros
En découvrant le parcours et la vie trépidante d’Odile, on pourrait donc penser qu’il n’y en a pas deux comme elle. C’est vrai, en partie, même si la principale intéressée relativise : « Je ne suis pas seule, il y a des pompiers qui sont comme moi, qui se sont passionnés alors qu’ils n’étaient pas forcément programmés pour ça, et qui sont eux aussi devenus accros ». Et comment pourrait-il en être autrement, finalement ? Fraternité, excitation, satisfaction de rendre service voire de sauver des vies dans les situations extrêmes, transmettre son savoir… En voilà bien plus qu’il n’en faut pour susciter les vocations et trouver sa voie. Odile Marie nous en offre une belle illustration : « Je me sens bien parmi eux, je me sens à ma place. »
En Creuse, 92% des effectifs sont des sapeurs-pompiers volontaires. Pourquoi pas vous ?
N’hésitez pas à contacter la caserne la plus proche de chez vous en cliquant sur la carte ici.


