Un évènement impliquant un grand nombre de victimes est chose rare en Creuse, raison de plus pour s’y préparer. C’était le but de l’exercice impliquant 30 sapeurs-pompiers, 20 « figurants » et le logiciel Sinus à Saint-Fiel vendredi dernier. Immersion.
Des riverains se tiennent derrière les plots disposés à distance de la grande échelle stationnée devant l’ancienne école de Saint-Fiel. En ce début de soirée vendredi dernier, ils sont venus assister à un exercice grandeur nature impliquant pas moins d’une trentaine de sapeurs-pompiers ainsi qu’une dizaine de véhicules du centre de secours de Guéret. De quoi impressionner les petits et les grands devant ce spectacle d’autant plus réaliste que des cris retentissent dans le réfectoire. Des enfants viennent de réchapper à l’incendie simulé dans l’école alors qu’ils préparaient les décorations de noël… Entre toux forcées, faux pleurs de douleur et quelques rires aussi, les sauveteurs tentent d’appliquer les protocoles de premiers soins d’urgence, supervisés par un infirmier professionnel et SPV.

SINUS pour aider à sauver plus de victimes en peu de temps
Pas moins d’une vingtaine de victimes se prêtent au jeu, des adultes incarnant professeurs et ATSEM ainsi qu’une quinzaine de JSP (Jeunes Sapeurs-Pompiers) simulant de la simple intoxication à des blessures plus graves, fractures et brûlures. Si l’ambiance restait évidemment bon enfant, dans la vraie vie traiter un aussi grand nombre de victimes en simultané reste aussi exceptionnel que particulièrement ardu. La parade vient alors entre autres d’une technologie dénommée Sinus (Système d’Information Numérique Unique Standardisé), soit une solution informatique destinée à optimiser et accélérer la gestion des victimes en leur attribuant un bracelet doté d’un code barre et à partager ces informations avec les différents moyens impliqués, SAMU, hôpitaux et forces de l’ordre. Une technologie dont l’utilisation a été grandement élargie suite aux attentats de 2015 dont celui du Bataclan.


Lieutenant Philippe Desvillettes, Sapeur-Pompier Volontaire et organisateur de l’exercice :
« La grosse difficulté pour nous c’est de devoir gérer autant de victimes. Ici la mission c’était de chercher la victime qui était à l’étage et s’occuper des autres blessés, on avait des Urgences Absolues et des Urgences Relatives, le but était de les évacuer le plus vite possible.
Dans ce genre d’exercice, l’action des chefs d’agrès (ou chef d’équipage de chaque véhicule) est déterminante. Ils sont les premiers sur place et donc ils doivent très vite passer les premiers messages types « je suis, je vois, je demande », solliciter les renforts afin que tout le dispositif se mette en place et fonctionne le plus vite et efficacement possible.
Ce soir les fiches Sinus ont été remplies, les bracelets de couleur ont été identifiés, les codes correctement gérés. Globalement, tout s’est bien passé, le feu a été géré, pas de propagation à l’étage. Bien sûr il y a toujours des points à améliorer mais c’est justement ce pourquoi on fait des exercices, relever des erreurs maintenant qu’on ne retrouvera pas dans une intervention réelle.«
Le prochain exercice d’ampleur aura lieu le vendredi 21 novembre prochain au même endroit. Cette fois, 40 Sapeurs-Pompiers Volontaires et plusieurs professionnels encadrants du Centre de secours de Guéret seront à pied d’œuvre avec le renfort des USAR, Unité de Sauvetage Appui et Recherche sollicitée notamment dans le cas d’évacuation complexe. A suivre…
Le SDIS23 remercie la commune de Saint-Fiel pour son aide et le prêt des bâtiments.












