C’est quoi être sapeur-pompier volontaire en Creuse ? Pour y répondre, nous vous proposons de découvrir régulièrement l’un ou l’une d’entre eux. Aujourd’hui, Fabien Jamme du CIS d’Auzances lance cette nouvelle série de portraits du SDIS23.
« J’avais du temps à consacrer aux autres, j’y pensais mais je n’aurais sans doute pas franchi le pas si la cheffe du centre de secours d’Auzances n’était venue frapper à ma porte. »
Fabien Jamme est sapeur-pompier volontaire (SPV) et aujourd’hui adjoint de celle-là même qui l’avait démarché 15 ans plus tôt. Agé de 48 ans désormais, pacsé et père de deux enfants, il n’a jamais regretté son choix tant sa mission fait résonner en lui des valeurs et sentiments qui n’ont rien perdu de leur force : « On arrive sur une situation qui est ce qu’elle est, et quand on part elle s’est améliorée, dans un délai très court. Notre satisfaction est là, immédiate, c’est toujours le moteur de ma motivation. »
Pourtant, des questions, Fabien s’en pose avant chaque intervention : « Parfois on se dit qu’on ne va jamais y arriver, et puis, avec la force du groupe, on trouve des solutions, on arrive à se dépasser, ensemble, mettre de côté le superflu. »

« On arrive à se dépasser, ensemble »
Mais avant toute chose, il a fallu se former, ce qui peut intimider lorsqu’on a quitté les bancs de l’école depuis un certain temps. A l’époque, un Sapeur-Pompier Volontaire n’avait pas le choix – ce qui n’est plus le cas aujourd’hui – et devait donc suivre la filière « toute mission », soit l’équivalent du module transverse actuel. « On se retrouve la tête dans le guidon sur des formations de 7 jours, ça peut demander un certain temps pour se réadapter ensuite » à sa propre vie, dont sa vie de famille se souvient Fabien. « Mais j’en ai tiré une grande satisfaction à découvrir de nouvelles choses, une plus grande sérénité face aux accidents qui peuvent nous arriver. »
Il n’a pas oublié non plus cette excitation qui le prenait lorsque sonnait le bip de l’alerte, sans prévenir… un jour d’anniversaire par exemple : « Il faut bien avouer que ça grinçait parfois des dents à la maison. Mais au fil du temps, je me suis organisé pour être davantage présent pour tout évènement prévu à l’avance, je ne me rends plus disponible tout le week-end comme avant. Ma compagne me soutient, elle sait que lorsqu’on nous appelle c’est que l’on a besoin de nous, c’est utile et ça me plait, donc… »
80 à 90 interventions par an
Fabien réalise 80 à 90 interventions par an, ce qui représente environ 25 heures par mois, surtout pour le cas particulier du Centre d’Incendie et de Secours d’Auzances : « On est loin des centres hospitaliers, donc une intervention peut facilement durer de 2h30 à 3h. » Mais du fait de son statut de professeur, le SPV se débrouille pour se libérer du temps sans avoir recours à la convention de disponibilité pourtant signée avec le chef d’établissement. En contrepartie, il reçoit environ 400 euros du Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Creuse (SDIS 23) par mois pour les interventions et les astreintes, en moyenne.
On comprend donc que si la motivation du SPV n’est pas à aller chercher du côté de son compte en banque, elle tient à des valeurs bien moins matérielles. « Quand on prend en charge une victime et qu’elle nous remercie de ce qu’on a fait pour elle, ça vaut tout l’or du monde. » Fabien a même eu l’occasion de le constater dans sa vie de tous les jours : « Le fait que je sois pompier a tendance à rassurer les parents d’élèves lors des voyages ou sorties par exemple, s’il venait à arriver quelque chose, ils me le disent. »

« Ça vaut tout l’or du monde »
Du secours à personne aux extinctions de feu, les interventions sont diverses et variées. Parfois même dures psychologiquement, « surtout celles qui concernent les enfants ou les accidents de la circulation. » Dés lors, chacun se protège à sa façon, Fabien a la sienne : « Je suis devenu fataliste, je me dis qu’on a fait tout ce qu’on a pu, c’est arrivé, on n’aurait pu rien empêcher. »
Aujourd’hui, s’il fallait re signer, Fabien repasserait en revue les questions clés qui ont guidé son engagement 15 ans auparavant : « Tu es prêt à sortir de ta zone de confort ? A aider les gens ? A apprendre de nouvelles choses ? A éprouver la satisfaction d’avoir fait ton devoir de citoyen ? » Et sa réponse ne se fait pas attendre : « Je répondrais encore oui à chacune. »
En Creuse, 92% des effectifs sont des sapeurs-pompiers volontaires. Pourquoi pas vous ?
N’hésitez pas à contacter la caserne la plus proche de chez vous en cliquant sur la carte ici.


